Débat sur Copenhague à Nîmes

COMPTE RENDU DE LA SÉANCE PLENIERE SUR LE CLIMAT AUX JOURNÉES D’ÉTÉ À NÎMES

INTRO PAR DENIS BAUPIN

Pendant 400 000 ans on a pas dépassé 280 particules de CO2 par million de tonnes. En 100 ans à peine, on a explosé complètement les chiffres.
Le pire des scénarios du GIEC est dépassé avec des effets irréversibles. 300 000 morts par an dans le monde aujourd’hui et 50 millions de réfugiés climatiques, 15 000 morts en France lors de la dernière canicule,.
Pour commencer à agir efficacement, il suffirait de consacrer l’équivalent d’un dixième des dépenses militaires mondiales.
Par rapport à ce constat, l’instauration des marchés de droits à polluer, le développement du parc nucléaire et les projets de captation de carbone apparaissent dérisoires.
Cependant compte tenu du contexte, il apparaît clairement qu’il va falloir simultanément mettre en ouvre des politiques de sobriété et s’adapter au dérèglement climatique.

LA QUESTION QUI SE POSE DÉSORMAIS C’EST DE SAVOIR QUELLE EST NOTRE CAPACITÉ DE BIFURCATION AVANT D’ARRIVER DANS LE MUR ?

LA NÉGOCIATION DE COPENHAGUE (Pierre Radane, négociateur pour les pays africains)

Cinq voies d’entrée possibles ont été recherchées pour trouver un accord :

• Se fixer des objectifs quantitatifs et essayer d’aboutir à une vision partagée. C’est une impasse car chaque pays a ses propres contraintes et intérêts.
• Appliquer le protocole de Kyoto. Totalement illusoire, tous les états signataires ont déjà gravement dérapé par rapport aux objectifs qu’ils s’étaient eux même fixés
• Les incitations financières et notamment les aides aux pays du Sud. Problème, ils n’y croient plus. Les pays riches ont été capables de trouver du jour au lendemain des centaines de milliards d’aides financières pour sauver le système bancaire, mais ils n’ont aucune intention d’en faire autant pour sauver la planète.
• Cherche des accords bilatéraux. C’est le projet des USA qui ne veulent en aucun cas mettre le doigt dans ce qu’ils considèrent comme l’engrenage d’une gouvernance mondiale et qui se verraient bien faire cavalier seul avec la Chine ou l’Inde…
• Engagement de modestes programmes de diminution des gaz à effets de serre par chacun des Pays ou blocs de Pays (par exemple l’Europe) mais sans se fixer d’objectifs communs à l’échelle mondiale.

Le texte qui sera soumis à Copenhague fait déjà 400 pages, on y trouve tout et son contraire, c’est à dire les exigences contradictoires de chaque pays. Il est insignable en l’état par qui que ce soit, Copenhague c’est donc la chronique d’un échec annoncé !
Il y a donc trois hypothèses de conclusion à cette conférence :

- Un désaccord négatif, les pays se quittent sans rien signer parce qu’ils sont en désaccord sur tout…
- Un désaccord constructif, ils n’arrivent pas à se mettre d’accord sur mais ils veulent continuer à construire à partir d’une plateforme minimum de consensus.
- Un accord vide, l’hypothèse la plus vraisemblable, il signent devant les photographes un accord sans réel contenu et rentrent chez eux en disant que c’est de la faute de l’autre.

ACTIONS MILITANTES (Sandrine Mathy Réseau d’Action pour le Climat)

- Signer la pétition sur http://copenhague-2009.com
- En parler partout, tout le temps, à tout le monde
- Concert climat au Zénith fin Novembre
- Faire le voyage de Copenhague en décembre

LA CONJONCTION DES CRISES ET LES ENJEUX POLITIQUES (Gus Massiah et Geneviève Azam. Attac)

Attention de ne pas dissocier la question écologique de la question sociale. Il faut travailler à la convergence des mouvements et notamment des altermondialistes et des écologistes. La question des alliances sera essentielle pour espérer faire bouger les choses. Le dernier forum sociale mondial à Belem a lancé un appel en faveur de l’écologie. Il faut l’entendre et reformuler la question sociale.
Il y a simultanéité des crises écologique, sociale, géopolitique et idéologique. Il faut travailler à des issues communes pour toutes ces crises.
Le risque climatique est indéniable, mais à moyen terme le risque de voir émerger une dictature écologique est tout aussi préoccupant. Il faut trouver les formes démocratiques d’action qui associeront au plus vite les pauvres et les riches, les habitants du sud et les habitants du nord (reconnaître la dette écologique que nous avons vis-à-vis d’eux…), pour engager des actions fortes avant que l’on nous y contraigne.

- A court terme, il faut éviter absolument de faire payer la crise aux pauvres !

- A moyen terme, il faut apporter des réponses politiques à la situation (par exemple réunir l’OMC avant Copenhague pour poser la question du modèle de développement) !
- Et pour le long terme, il faut engager dès maintenant des actions individuelles et collectives à tous les niveaux.
Il faut rejeter les fausses solutions comme le développement du nucléaire, la constitution de puits de carbone, le développement des agrocarburants…
L’enjeu est politique : quelle coopération et quelle solidarité internationales ? L’écologie doit se construire à partir à partir du monde réel, celui que vivent les gens.

LE RÔLE DES VILLES ET DES RÉGIONS (Ronan Dantec du réseau des villes mondiales et Christian Guyonvarc’h du réseau mondial des gouvernements régionaux)

Les villes et les régions commencent à se mobilier en direct à l’échelle mondiale. Elles sont plus audacieuses que les nations et aussi plus en prise directe avec les conséquences du changement climatique. Les élus locaux parlent le même langage et arrivent plus vite à se mettre d’accord.
La multiplication des plans climat territoriaux ou encore la mobilisation des villes africaines sont des signes que la prise de conscience avance.

LE CLIMAT « MÈRE DE TOUS LES COMBATS»  (Yannick Jadot)

Transition énergétique, justice sociale et justice fiscale ! Il faut assumer simultanément la rupture et le réformisme, toutes les initiatives seront utiles.

Quelques propositions :
- Se procurer le drapeau arc en ciel marqué « climate » et pavoiser toutes les fenêtres jusqu’en décembre…
- Faire prendre des délibérations sur l’enjeu de Copenhague par toutes les collectivités locals et territoriales.
- Organiser des assises régionales et construire 22 programmes pour les régionales qui soient « Copenhague – compatibles ».
- Se battre pour l’objectif de réduction de 40 % des gaz à effet de serre.
- Organiser une convention nationale avec l’ensemble des partis et des syndicats pour faire pression sur le Gouvernement et lui donner un « mandat de négociation » pour Copenhague.