La voie

livre d’Edgard Morain, chez Fayard

L’exercice pouvait paraître présomptueux : dégager « La Voie pour l’avenir de l’humanité », fichtre (!), au final il est d’une pertinence et d’une intelligence rare. Morin donne des pistes, en appelle à une métamorphose, plus qu’une révolution, à une série de réformes concrètes et théoriques. Pour reprendre ses concepts clefs on peut parler d’une Méthode fondée sur la connaissance de la Complexité, une écologie de l’action. « L’espérance vraie sait qu’elle n’est pas certitude, mais elle sait que l’on peut frayer un chemin en marchant ». Le sociologue dresse un état des crises et des processus en cours : mondialisation, occidentalisation, développement. Pour chacun il en analyse les travers et les opportunités, en appelle à un dépassement des oppositions stériles. Sa politique de l’humanité combinerait Mondialisation et Démondialisation ; Croissance et Décroissance ; Développement et Enveloppement ; Transformation et Conservation. Education, justice, commerce, agriculture… plus qu’un programme, Morin propose un Projet. Est-ce nécessaire de préciser combien cette lecture, résumé et aboutissement de l’œuvre de l’auteur, est nécessaire à chaque militant écologiste ? Aussi, j’ai adoré son chapitre « La débureaucratisation généralisée » et ses renvois à l’œuvre, non moins précieuse, d’Ivan Illich.
« Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve » (Hölderlin).

par Wilfrid Séjeau, libraire écolo à Nevers

En arrière toute

A l’occasion de ces cantonales, l’état a une fois encore aggravé la difficulté pour les « petits » partis, de participer à la vie politique. Désormais, il faudra 12,5 % des inscrits (soit à peu près 25 % des votes exprimés) pour pouvoir se maintenir au 2ème tour. A chaque scrutin, une nouvelle règle tend à éliminer la présence de nos partis sur la scène électorale. Le but évident est de réduire la vie politique à deux partis ; verso et recto d’une même médaille.
Nous nous alignons sur le système américain, dans une indifférence quasi générale. La démocratie représentative est tuée. Et lils font semblant de ne pas comprendre pourquoi l’abstention progresse. Le pouvoir est confisqué. Sans doute est-ce leur conception de la République.
Cela ne les empêchera pas de donner des leçons de morale aux autres, et de brandir « le Siècle des Lumières » à tout moment, sans doute pour tenter d’éclairer leur propre obscurantisme.
Altérations sociales, creusement des inégalités, confiscation de la démocratie ; les ingrédients se mettent en place pour des lendemains qu’ils ne soupçonnent, pas plus qu’ils n’ont vu arriver la « crise », la révolte des peuples arabes, le drame écologique qui nous attend.
Notre avenir ne sera pas facile, c’est une simple réalité. Les sociétés ne pourront avancer que par une plus grande responsabilisation des personnes. Responsabilisation des individus, mais aussi collective, dans les régions par exemple.
Réduire la démocratie représentative est un crime contre l’avenir.
Quand vous ire voter, avec nous, pensez-y.

Jacques Pince (Parti Occitan)

Voir les articles précédents : Plaidoyerr pour la proportionnelle

Sortir du « silence des nanos» 

Une bonne quarantaine de personnes pour assister à la projection du film »  Le silence des nanos»  à la MJC laroquaise. Un film riche, informatif bien que parfois assez complexe sur le plan scientifique et philosophique. Les « nanotechnologies»  étant des techniques d’utilisation de particules invisibles à l’œil nu.
Le débat qui suivit fut également riche. Un agriculteur posa le problème de la perte de liberté avec ces découvertes qui, par le biais des brevets, appartiennent aux grandes firmes et non aux producteurs et aux consommateurs. Il fit la comparaison avec les semences qui rendent les paysans d’aujourd’hui dépendants d’une minorité de puissants. Il fut approuvée par une jeune femme qui dénonça les « pôles de compétitivité»  comme « Agrimip»  dans notre région, qui se mettent en place et confisquent les innovations pour enrichir les grandes sociétés de la chimie, l’agroalimentaire et la pharmacie. Un ouvrier du textile pensait que les nanotechnologies sont déjà présentes en Pays d’Olmes en évoquant un tissu fin, totalement imperméable. Un monsieur , responsable d’une association de consommateurs, s’inquiétait des dangers des « nanos»  en donnant l’exemple d’une paire de chaussettes qu’on lave et dont les particules s’échappent dans l’eau, la nature, pouvant être, plus tard absorbées par des personnes. Ce danger pour la santé alertait une dame qui prônait la nécessité de l’étiquetage des produits. Ce qui faisait réagir une autre personne qui pensait que l’étiquetage était impossible et qu’il valait mieux revenir à une vie plus simple. Un autre participant affirmait qu’il fallait maîtriser par la démocratie l’utilisation des découvertes scientifiques.
En conclusion tous s’accordaient sur la nécessité de faire connaître les nanotechnologies en élargissant le « collectif de réflexion sur les techno sciences»  et en diffusant le film.
Les personnes intéressées peuvent, pour cela, contacter Geneviève Destouet au 05 61 69 77 60.
Les organisateurs tenaient également à remercier Francis Ferrier et Myriam Torres, respectivement président et animatrice de la MJC, ainsi que Yves Lecourt pour leur dévouement et l’appui logistique.

Jean Charles Sutra

Comparez cet original avec la transcription de La Dépêche

Pourquoi je soutiens Léa et Tom, ainsi que la mairie d’Arrout

Léa et Tom, condamnés à détruire leur habitat, font appel.
L’audience aura lieu le 17 février 2011 à la Cour d’Appel de Toulouse.(14h)

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Léa et Tom ont été condamnés par l’Etat devant le Tribunal Correctionnel de Foix, le 9 février 2010, suite à une plainte de la DDEA, à la DESTRUCTION DE LEUR HABITAT et à une amende de 600€ et 10€ par jour de pénalités de retard.

Léa et Tom, condamnés à détruire leur habitat, ont fait appel.
L’audience aura lieu le 17 février 2011 à la Cour d’Appel de Toulouse.(14h)

Ils réclament la relaxe et le droit à un habitat MODESTE ÉCOLOGIQUE ET CHOISI, le droit de vivre, le droit de travailler localement.

Pourquoi être arrivé à ce niveau juridique, alors que cet habitat (modeste et écologique) ne gêne personne. Pour comprendre il faut remonter dans le temps.

Faute de trouver un logement sur la commune d’Arrout en Ariège, Léa et Tom décident en 2007 de s’installer dans une yourte. Un propriétaire leur prête son terrain en friches en échange du défrichage et de l’entretien de la parcelle. Leur démarche est soutenus par le maire et les habitants de la commune qui trouvent positif que de nouvelles personnes s’installent, travaillent et vivent sur la commune.

Léa et Tom fabriquent alors une tente toute ronde, une yourte en laine et en bois ; ils confectionnent le feutre à la filature de Belvès en Dordogne ; les perches de châtaignier sont locales ; un maître menuisier façonne le cercle de toit, pièce maîtresse… Outre l’entretien de la parcelle, ils mettent en valeur le lieu, créant des terrasses pour cultiver un potager et un jardin d’agrément… Cela a représenté un long travail de plusieurs mois avec un bilan plus que positif : la création d’un habitat bien intégré au paysage, avec un impact écologique très faible sur un site dont la biodiversité est valorisée (les orchidées fleurissent à nouveau sur le terrain, un grand jardin bio a été implanté, des fruitiers sont plantés).

Tom et Léa ont fait le choix de vivre là et de travailler dans la région alentour, modestement, de façon écologique et dans le plus grand respect de la nature. Ils sont bien intégrés localement : accueillis et soutenus par le maire et les habitants de la commune, ils se sont inscrits sur les listes électorales et ont demandé à payer les impôts locaux. Les habitants de la commune les soutiennent depuis le début, une motion pour le droit au logement a même été votée par le conseil municipal en réaction aux injonctions de la DDEA.

Mais c’est sans doute trop beau ! Les services publics d’État, en l’occurrence la DDEA a fondé sa plainte sur le Code de l’urbanisme au prétexte de la nécessité d’un permis de construire alors que la yourte n’est pas une construction, ce n’est pas un immeuble, ce n’est pas un bâtiment en dur avec des fondations ! Il n’y a pas de murs… C’est une TENTE en laine et bois ! Donc un habitat réversible qui ne laisse aucune empreinte durable sur le sol.

Inouï le sort réservé aux élus locaux des petites communes rurales ! Le jugement rendu ne tient aucun compte de la position du maire de la commune, de son conseil municipal et des habitants.

Ce dossier pose le problème du droit au logement des personnes aux revenus modestes dans un contexte de crise économique grave. Il pose aussi le problème du choix de vivre écologiquement, au plus prés de son travail. Les choix de vie écologiques doivent être encouragés et non combattues, car ils sont source de revitalisation des territoires ruraux, d’économie d’énergie, de mise en valeur d’anciennes surfaces agricoles.

Il faut que le 17 février, le tribunal de Toulouse accepte la demande de Léa et Tom, celle de continuer à vivre dans leur habitat modeste et écologique.

La situation du logement en Ariège est catastrophique ; impossible de trouver des locations dans de nombreuses commues ; alors que les zones rurales se désertifient, les touristes dont beaucoup d’étrangers, font main basse sur l’immobilier. Des personnes qui travaillent, qui sont intégrés socialement, qui ont choisi de vivre en milieu rural, et donc qui revitalisent les campagnes ne trouvent pas toujours de logement. Une des solutions, pour remédier à ce manque est de s’impliquer dans une démarche d’habitat écologique, de préservation de la nature, et d’auto construction.

Calvet François
Conseiller Régional Midi-Pyrénées

Voir les articles précédents :

Territoires en transition

Comment sortir de la dépendance au pétrole ?

Nous vivons actuellement le pic pétrolier, nos sociétés sont dépendantes d’une ressource qui ne sera plus disponible à court terme.

Comment pouvons nous organiser la transition vers une autre société, vers un autre imaginaire ?

Quelle sont les actions à mettre en place localement ?

Soirée débat, le 17 février à 20h00,à la mairie de St Girons, côté Champ de Mars, 2ème étage.

La première partie sera une présentation:
        1) Fin d’une époque:
                Pic pétrolier
                Changement climatique
                         Nous devons changer d’imaginaire si nous ne voulons pas subir le changement

        2) Initier la transition 
               Les territoires sont la bonne échelle.
               Repenser l’organisation des territoires autour des énergies locales. Plan de descente énergétique locale
                        Renforcer la résilience des territoires (notamment sécurité alimentaire)

        3) Initiatives de transition : que faire ?
                Exemples en France (et dans le monde)
                La transition en 12 étapes.
                        Actions à mener ici et maintenant

La soirée se poursuivra par un débat. Vous êtes invités à participer, vous êtes encouragés à diffuser cette informations.

Salutations transitionnelles.

Nicolas DANIGO