La voie
livre d’Edgard Morain, chez Fayard
L’exercice pouvait paraître présomptueux : dégager « La Voie pour l’avenir de l’humanité », fichtre (!), au final il est d’une pertinence et d’une intelligence rare. Morin donne des pistes, en appelle à une métamorphose, plus qu’une révolution, à une série de réformes concrètes et théoriques. Pour reprendre ses concepts clefs on peut parler d’une Méthode fondée sur la connaissance de la Complexité, une écologie de l’action. « L’espérance vraie sait qu’elle n’est pas certitude, mais elle sait que l’on peut frayer un chemin en marchant ». Le sociologue dresse un état des crises et des processus en cours : mondialisation, occidentalisation, développement. Pour chacun il en analyse les travers et les opportunités, en appelle à un dépassement des oppositions stériles. Sa politique de l’humanité combinerait Mondialisation et Démondialisation ; Croissance et Décroissance ; Développement et Enveloppement ; Transformation et Conservation. Education, justice, commerce, agriculture… plus qu’un programme, Morin propose un Projet. Est-ce nécessaire de préciser combien cette lecture, résumé et aboutissement de l’œuvre de l’auteur, est nécessaire à chaque militant écologiste ? Aussi, j’ai adoré son chapitre « La débureaucratisation généralisée » et ses renvois à l’œuvre, non moins précieuse, d’Ivan Illich.
« Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve » (Hölderlin).
par Wilfrid Séjeau, libraire écolo à Nevers

