Tunisie-Occitanie

Le gouvernement a soutenu le président tunisien Ben Ali jusqu’au bout, de même que François Mitterrand avait refusé l’idée de réunification de l’Allemagne jusqu’au bout. C’est le même problème. L’Etat français dans son organisation hyper centralisée, autoritaire et figée, est inadapté à l’évolution du monde et n’a pas les bonnes clefs pour ouvrir les portes de l’avenir. Qui dit hyper centralisme autoritaire, dit peur et culpabilisation et fini par dire sectarisme, dogmatisme, et pour certains, intégrisme. L’Etat laïque de Ben Ali a bénéficié des complicités occidentales au prix des libertés fondamentales du peuple. Qu’une certaine bourgeoisie française puisse aller bronzer en Tunisie, cela suffisait.

La suffisance des valets médiatiques et de leurs invités politiciens, philosophes autoproclamés, économistes officiels, toujours les mêmes qui passent d’une chaîne de TV à une autre, d’une émission à une autre, en vendant leurs livres et en tournant dans le cercle fermé de l’Etat-capitale ; en dit long sur l’état de notre société. Le peuple tunisien a pris en main son destin à travers une responsabilisation de chacun. Il n’a pas attendu le libérateur providentiel ou officiel. Rien n’est acquis définitivement. La remise en question est continue et l’échec reste possible, mais le progrès aussi. C’est la responsabilité de chacun d’agir, mais pour agir, faut-il encore savoir qui nous sommes. Or, dans notre pays, l’Etat s’est toujours appliqué à extirper cette conscience. Il est grand temps pour nous d’assumer notre conversion pour nous mettre dans le sens de la marche.

Jacme Pince – Partit occitan d’Arièja (Paru dans Le Petit Journal du 4 février)