La vérité sur la sortie du nucléaire

EELV et le PS, formations politiques responsables désireuses de gouverner ensemble en 2012, ont conclu un accord électoral qui porte entre autres sur l’avenir du nucléaire. Il devrait être l’occasion de débats. Il est l’objet de désinformations fondées sur la peur. Alors qu’en est-il réellement ?

Le parc nucléaire français, c’est  19 centrales nucléaires équipées de 58 réacteurs dont 21 ont 30 ans ou plus, 20 plus de 25 ans et 16 entre 10 et 20 ans. Les deux plus anciens réacteurs de Fessenheim existent depuis 1977. Leur durée d’exploitation était prévue pour 30 ans. Ils auraient dû être fermés en 2007.

On nous dit aucun réacteur ne présente de risque pour notre sécurité.
On souhaite que cela soit plus que vrai. Cependant cela n’empêche pas EDF de moderniser le niveau de sûreté du parc existant pour un coût estimé à plus de 30 milliards d’euros pour dix ans d’exploitation supplémentaires. Le groupe doit aussi moderniser un réseau de distribution vétuste. Au final, entre 2008 et 2009, les investissements d’EDF dans l’Hexagone sont passés de 5,2 à 7,2 milliards, avant d’atteindre 8 milliards en 2010.

On nous dit que la sortie du nucléaire signera la fin de l’indépendance énergétique
Si 75 % de notre électricité est d’origine nucléaire, il représente moins de 20 % de notre consommation finale. Plus de 80 % provient d’autres sources dont la moitié de produits pétroliers. Notre indépendance est donc toute relative. Si demain nous remplaçons, comme le prévoit l’accord programmatique passé avec le PS, une part significative de la production électrique par le vent qui souffle sur la France et le soleil qui y brille, nous aurons une indépendance un peu plus assurée que celle de l’uranium du Canada, du Kazakhstan ou du  Niger.

On nous dit que nos factures vont augmenter de 50 %.
En quelques années, le prix de l’électricité a déjà augmenté de 25 %. L’Union Française de l’Electricité (UFE) prévoit même une augmentation de 33 % d’ici à 2030 dans le cas du maintien du parc nucléaire, de 50 % dans le cas du scénario dessiné par l’accord EELV-PS.
nucleaire mort
Mais surtout on ne dit pas que le démantèlement des centrales qui arrivera tôt ou tard coûtera plusieurs milliards (entre ½ et 1 milliard par réacteur) et que le premier euro n’est pas provisionné.

On nous dit fermer des réacteurs, c’est faire un gigantesque plan social.
Là c’est faux. L’accord EELV-PS prévoit : « … une reconversion à emploi constant de la filière … ». Par contre on ne dit pas aux français que même à 50 % de nucléaire au lieu de 75 %, il faudra toujours des travailleurs dans la filière. Les pourfendeurs de l’accord ne disent pas que le programme de réduction se fera sur plusieurs années et que sa maîtrise technique sera l’œuvre de ces mêmes travailleurs du nucléaire.
 
On nous dit que c’est augmenter le réchauffement climatique.
S’il est vrai qu’un réacteur nucléaire émet beaucoup moins de CO2 qu’une centrale à charbon, pour autant une centrale nucléaire n’émet pas zéro CO2 entre sa construction et son fonctionnement. Pour répondre vraiment à cette question, il faut dire par quoi on remplacerait une centrale fermée. Sur ce point, le projet EELV-PS est très clair. Il repose sur l’isolation des habitations pour diminuer les besoins en électricité et un soutien important à la création d’une vraie filière des énergies renouvelables créatrices d’emplois.

Nous Europe Ecologie – Les Verts nous disons : la sortie du nucléaire est un choix politique que nous assumons. Nous avons déjà réussi à convaincre le PS qu’un premier pas est possible. C’est celui qui coûte le plus. Nous disons que c’est une nécessité de sureté (le nucléaire, c’est blanc ou noir. Pas d’accident ou LA catastrophe, de préférence majeure). Nous disons que c’est une évidence économique puisque, ne pas le faire, sera un gouffre financier de plusieurs dizaines de milliards d’euros. Nous redisons encore que c’est un impératif moral envers les générations futures puisque nous ne savons pas gérer les déchets nucléaires qui vont empoisonner l’humanité pour des milliers d’années.

Nous disons OUI, il faut sortir du nucléaire, OUI, il faut fermer les réacteurs. D’abord Fessenheim, puis au rythme de deux à trois par an (cela a été le rythme moyen de leur mise en service). Cela permettra une transition technologique et énergétique acceptable, supportable et maîtrisable.

Enfin, nous disons à ceux qui utilisent la peur et les arguments outranciers (retour à la bougie) : « Soyez dignes de ce que vous prétendez offrir aux Français-e-s ». Si comme nous, vous voulez un avenir fait de démocratie, de citoyenneté et de responsabilité, changez de discours !

Jacques ARTHUYS
EELV Val d’Ariège-Pyrénées
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