Où en étions-nous déjà ?

La France, l’Europe et le Monde vivent en crise économique. Elle est brutale et profonde. Elle sera vraisemblablement durable. Elle touche tout le monde et d’abord les plus démunis.

Derrière les mots de perte d’emplois et de diminution des revenus, de dévalorisation et de dé-classification, les maux sont toujours réels et vécus. Et comme dans les accidents nucléaires, il y a réactions en chaîne.

L’emploi n’est plus, l’argent non plus. Et tout devient (très) difficile. Manger, s’habiller, se loger, se déplacer… Les loisirs deviennent un luxe, les vacances, un rêve. Le quotidien n’est plus que tracas et souci.

Le présent de la crise sème la crainte et son lendemain récolte la peur. En réponse à ces angoisses, les colères s’affichent et donnent naissance au besoin de boucs émissaires. Le rejet devient notre horizon de pensée et l’hostilité le fond de notre réflexion. Ainsi on voit apparaître les graffitis d’exclusion sur les murs des villes et les slogans de haine parcourent les campagnes.  Dans la Cité, quand les uns s’opposent aux autres, le corps citoyen se délite. Nous ne connaissons que trop bien les conséquences de ce genre de réactions et de ce type de réponses.

Alors contre le risque de division de la Nation, que dire qui soit entendu et compris ?

Dire que la crise n’est pas tombée du ciel, qu’elle est le résultat d’un choix funeste  : celui de l’argent plutôt que celui de l’humain. Entendre que ce n’est ni une fatalité, ni un inéluctable, encore moins du définitif.  Comprendre que, même si ce choix pèsera encore longtemps sur nos sociétés, les solutions existent.

Ces solutions seront politiques. Il n’y pas d’autres types de  … riposte à l’ostracisme et aux racismes, à l’opprobre et aux anathèmes. La solution politique est le choix le plus difficile. Il engagera chacun(e) en son âme et conscience, mais c’est le seul qui soit … viable. Ce choix est la réaffirmation du pacte citoyen que nous nous sommes donnés en août 1789, écrit dans la Déclaration des Droits de l’Homme & du Citoyen.

Bien sûr aujourd’hui la rupture de ce pacte a été engagée. Chacun(e) peut le constater et en mesurer les effets délétères. Pourtant, malgré beaucoup d’erreurs et de défaillances et en surmontant beaucoup d’épreuves, notre Nation a su créer, tout au long de son histoire, les conditions du vivre ensemble.

Ne renonçons pas à cet idéal. Refondons nos choix sur le principe de notre République : indivisible, laïque, démocratique et sociale qui dans sa Constitution gouverne du peuple, par le peuple et pour le peuple. A la condition unique et fondamentale de respecter, envers et contre tout, l’égalité des citoyen(ne)s sans distinction d’origine, de race ou de religion, nous parviendrons à cette France là. C’est elle que nous voulons vivre.

le 7 mai 2011
Jacques ARTHUYS

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